Tendre était mon c½ur,
Arrosé d'insouciance,
Tel un épais bouquet de fleurs
Qui venait de prendre naissance.
Mes roses, jeunes et idiotes,
A ses yeux doux et attentionnés,
Ouvrirent trop vite la porte,
Et à ses mains, tendirent les clefs.
Il m'inspirait confiance,
Mon parfum l'envoutait,
Il sentait ma sainte prudence,
Mon odeur il aimait.
Il ne m'écrivit aucun poème,
Ses gestes parlaient si bien,
Et malgré tant de « je t'aime »,
Je le savais d'esprit malsain.
Il caressait ma peau,
Tel un trésor retrouvé,
Et remplissait de mots,
Mon c½ur pauvre et éreinté.
Le sang de ma fleur
Coulait entre ses doigts,
Et de ma tendre douleur,
Il était devenu le roi.
Le lendemain, à la rosée,
Séparés sur nos chemins,
Une autre rose laissa couler
Son sang sur ses mains.
Mon c½ur est d'épines,
Mes fleurs ont fanées,
J'ai enfui ma belle mine,
Pour des tons plus effacés.
Mon innocence s'est perdue,
Mes pétales toutes envolés,
Plus jamais je n'ai cru,
Plus jamais je n'ai aimé.
Nastia.